Le partage de la valeur au sein des entreprises est désormais une priorité pour les pouvoirs publics. Depuis le 29 novembre 2023, une nouvelle expérimentation impose aux PME, principalement celles de 11 à 50 salariés, d’intéresser leurs collaborateurs aux résultats de l’entreprise. Cette mesure, qui s’étendra jusqu’en 2028, vient renforcer les dispositifs existants tels que l’intéressement, la participation ou la prime de partage de la valeur (PPV). Voyons de plus près cette nouvelle obligation et ce qu’elle implique pour les entreprises.

Qui est concerné par cette nouvelle obligation ?
Depuis le 1er janvier 2025, certaines sociétés doivent instaurer un dispositif de partage de la valeur au profit de leurs salariés. Cette obligation concerne :
- Les sociétés employant au moins 11 salariés (mais moins de 50) et ne soumises pas à l’obligation de mettre en place un régime de participation ;
- Celles qui ont réalisé, sur les 3 derniers exercices consécutifs, un bénéfice net fiscal d’au moins 1 % de leur chiffre d’affaires.
En revanche, les entreprises de plus de 50 salariés devront uniquement instaurer un régime de participation s’elles maintiennent cet effectif pendant 5 ans consécutifs. Toutefois, les entreprises de cette taille, n’ayant pas encore mis en place la participation, doivent adopter un dispositif de partage de la valeur.
Les entreprises qui ont déjà un mécanisme de partage de la valeur en place, comme l’intéressement ou la participation, ne sont pas concernées par cette expérimentation. Il en va de même pour les sociétés anonymes à participation ouvrière (SAPO), qui versent un dividende aux salariés et appliquent un taux d’intérêt sur la somme versée égal à 0 %.
Les dispositifs de partage de la valeur
Les entreprises concernées par cette nouvelle obligation peuvent choisir parmi plusieurs dispositifs de partage de la valeur :
- L’intéressement : Un mécanisme incitatif qui permet aux salariés de percevoir une prime en fonction des performances de l’entreprise.
- La participation : Un système permettant aux salariés de recevoir une part des bénéfices de l’entreprise, calculée sur la base des résultats de l’exercice.
- L’abondement à un plan d’épargne salariale : L’entreprise peut verser une somme supplémentaire sur un plan d’épargne entreprise (PEE) ou un plan d’épargne retraite collectif (PERCO).
-
Le versement d’une prime de partage de la valeur (PPV) : Une prime exceptionnelle qui peut être versée en complément des autres dispositifs, visant à récompenser la contribution des salariés aux résultats de l’entreprise.
Quand et comment mettre en place cette obligation ?
L’obligation de mettre en place un dispositif de partage de la valeur entre en vigueur dès 2025, pour les entreprises qui remplissent les critères requis. Cela signifie que les sociétés ayant réalisé, entre 2022 et 2024, un bénéfice net fiscal représentant au moins 1 % de leur chiffre d’affaires doivent impérativement instaurer un tel dispositif.
Cette expérimentation durera 5 ans, jusqu’au 29 novembre 2028, et pourrait s’étendre à d’autres entreprises en fonction des résultats obtenus et de l’évolution des politiques publiques.
Les avantages pour les entreprises et les salariés
Cette nouvelle mesure vise à renforcer l’équité et la solidarité au sein des entreprises, en favorisant une meilleure redistribution des bénéfices générés par l’activité économique. Elle présente plusieurs avantages :
- Pour les entreprises : La mise en place de dispositifs de partage de la valeur peut améliorer la motivation des salariés, renforcer l’attractivité de l’entreprise et créer un climat social plus serein.
-
Pour les salariés : Ceux-ci bénéficient directement des résultats de l’entreprise, ce qui peut accroître leur implication et leur sentiment d’appartenance.
Comment se préparer à cette nouvelle obligation ?
Les employeurs doivent dès à présent se préparer à cette nouvelle obligation, notamment en procédant à un audit de leurs résultats financiers pour vérifier si elles répondent aux critères de l’obligation (bénéfice net fiscal égal ou supérieur à 1 % du chiffre d’affaires sur les 3 derniers exercices).
Ensuite, il conviendra de choisir le ou les dispositifs les plus adaptés à l’entreprise et à ses salariés. Les entreprises peuvent se faire accompagner par des experts-comptables, des avocats ou des conseillers en ressources humaines pour mettre en place et formaliser ces dispositifs dans les meilleurs délais.
La mise en place du partage de la valeur représente un véritable tournant pour de nombreuses entreprises. Si vous êtes concerné par cette nouvelle obligation, il est essentiel de vous préparer dès maintenant en évaluant vos résultats financiers et en choisissant les dispositifs les plus adaptés. N’oubliez pas que cette mesure est une occasion de renforcer la motivation de vos équipes et de partager les fruits de votre succès avec celles et ceux qui y contribuent au quotidien.
Pour plus de conseils sur la mise en œuvre de ces dispositifs ou pour obtenir un accompagnement personnalisé, n’hésitez pas à nous contacter.
L’ÉQUIPE AUCAP