Depuis le 1er septembre 2025, les salariés peuvent accéder à la retraite progressive dès 60 ans, grâce au décret n° 2025-681 du 15 juillet 2025. Ce dispositif, assoupli dans le cadre de l’accord “Seniors” du 14 novembre 2024, facilite la transition entre emploi et retraite tout en soutenant le maintien des seniors dans l’activité.

Qu’est-ce que la retraite progressive ?
La retraite progressive permet à un salarié de réduire son temps de travail (entre 40 % et 80 % d’un temps complet) tout en percevant une partie de sa pension de retraite. La pension est provisoire et recalculée lors du départ définitif à la retraite
Les conditions à remplir
Pour bénéficier du dispositif, trois conditions doivent être réunies :
- Avoir au moins 60 ans ;
- Justifier de 150 trimestres d’assurance vieillesse tous régimes confondus ;
- Travailler à temps partiel ou à temps réduit, compris entre 40 % et 80 % de la durée légale ou conventionnelle.
Le dispositif est également ouvert aux salariés multiemployeurs, à condition que la quotité globale de travail respecte ces seuils.
Démarches pratiques
Le salarié adresse à son employeur une demande écrite (par LRAR) au moins deux mois avant la date souhaitée, en précisant la quotité de travail et la date d’effet.
L’employeur doit répondre sous deux mois.
- En l’absence de réponse, l’accord est réputé acquis.
- En cas de refus, celui-ci doit être motivé et justifié par des raisons économiques ou organisationnelles.
Le salarié dépose ensuite une demande de retraite progressive auprès de sa caisse de retraite (Assurance Retraite et Agirc-Arrco), accompagnée d’une attestation de l’employeur.
Statut et cotisations
Le salarié conserve son statut de salarié et sa protection sociale. Sa rémunération est ajustée selon le temps travaillé, tandis qu’il perçoit une fraction de sa pension.
Avec l’accord de l’employeur, il est possible de maintenir les cotisations sur une base temps plein, afin de ne pas réduire le futur montant de la retraite.
Fin ou suspension du dispositif
La retraite progressive prend fin :
- lorsque le salarié reprend un emploi à temps complet,
- ou lorsque les conditions d’éligibilité (âge, quotité de travail, etc.) ne sont plus respectées.
Dans ce cas, le versement de la pension est suspendu ou supprimé à compter du 1er jour du mois suivant le changement de situation.
Nouveautés du projet de loi “Seniors” 2025
Le projet de loi adopté le 10 juillet 2025 renforce les obligations de l’employeur.
En cas de refus d’une demande de retraite progressive, il devra désormais détailler les conséquences du passage à temps partiel sur :
- la continuité de l’activité du service,
- et la nécessité éventuelle de recruter un remplaçant.
Cette évolution vise à encourager le dialogue social et à favoriser le maintien en emploi des salariés expérimentés.
L’avis de notre cabinet AUCAP
La retraite progressive représente une solution équilibrée pour les salariés souhaitant aménager leur fin de carrière et pour les entreprises qui souhaitent conserver l’expertise de leurs collaborateurs seniors.
Besoin d’un accompagnement ?
Notre cabinet Aucap accompagne les employeurs et les salariés dans la mise en place du dispositif, la rédaction de l’avenant
au contrat de travail et l’évaluation des impacts sociaux et fiscaux.
L’ÉQUIPE AUCAP